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La résolution sur l'égalité entre les hommes et les femmes a été votée à une écrasante majorité aux Nations unies, les États-Unis étant le seul pays à s'y opposer
La résolution sur l'égalité entre les hommes et les femmes a été votée à une écrasante majorité aux Nations unies, les États-Unis étant le seul pays à s'y opposer
Le Caucus des droits de la femme (WRC) - une coalition féministe intersectionnelle mondiale de plus de 800 organisations, réseaux et individus, convoquée par Fòs Feminista, Outright International, African Women's Development and Communications Network (FEMNET), Asia Pacific Forum on Women, Law and Development (APWLD), et Young Feminist Caucus, qui défend l'égalité des sexes aux Nations unies - se félicite de l'adoption des conclusions concertées de la CSW70 sous le thème prioritaire : “Garantir et renforcer l'accès à la justice pour toutes les femmes et les filles, notamment en promouvant des systèmes juridiques inclusifs et équitables, en éliminant les lois, politiques et pratiques discriminatoires et en s'attaquant aux obstacles structurels”.”
La clôture de la soixante-dixième session de la Commission des Nations unies sur le statut de la femme a marqué un changement de procédure sans précédent. Pour la première fois dans l'histoire de la Commission, le consensus s'est avéré impossible à atteindre, obligeant les États membres à procéder à l'adoption par vote.
Ce résultat fait suite aux efforts soutenus de quelques délégations pour rouvrir le langage précédemment convenu, les États-Unis menant la charge et proposant un ensemble d'amendements visant à supprimer les références à la santé et aux droits sexuels et reproductifs, à l'intersectionnalité et à d'autres normes établies en matière de droits de l'homme.
Ces amendements ayant été finalement rejetés par la majorité des membres de la Commission, celle-ci a procédé à un vote sur la résolution complète. Les conclusions concertées ont été adoptées à une écrasante majorité, avec peu d'abstentions, les États-Unis étant le seul État membre à s'opposer à leur adoption.
Cette séquence d'événements souligne à la fois l'ampleur de l'engagement mondial en faveur de l'égalité entre les femmes et les hommes et la mesure dans laquelle les tentatives d'affaiblir les normes de longue date en matière de droits de l'homme n'ont pas réussi à s'imposer. La détermination de la Commission à aller de l'avant a affirmé la force des processus multilatéraux et démontré que les efforts coordonnés visant à affaiblir les protections ne peuvent avoir raison de la volonté collective de la communauté internationale.
Lors d'une conférence de presse tenue le mardi 10 mars, le matin suivant l'adoption, les membres du CMR ont exposé leurs priorités pour la CSW70 : reconnaître le rôle indispensable de la société civile féministe ; défendre les droits des femmes, des jeunes, des adolescents et des filles dans toute leur diversité ; faire progresser les systèmes judiciaires tenant compte de la dimension de genre ; et garantir la responsabilité et les réparations pour les violations des droits de l'homme, y compris la santé et les droits sexuels et génésiques.
Dans cette optique, le CMR a félicité la Commission d'avoir obtenu un résultat comportant les engagements suivants :
- L'inclusion des réparations en tant que reconnaissance historique de l'injustice structurelle et historique et des obligations des États à l'égard des personnes les plus lésées.
- La référence explicite aux femmes en détention, qui, bien qu'elle se trouve dans le chapeau plutôt que dans l'ensemble du texte, représente un progrès significatif dans un langage qui a longtemps résisté aux négociations.
- La reconnaissance du fait que les politiques et les programmes doivent répondre aux besoins des survivants de la violence fondée sur le genre, en mettant l'accent sur l'action et l'expérience vécue des survivants dans le cadre des réponses de la justice.
- Des références à un financement de base souple et pluriannuel pour les organisations de la société civile et à une protection contre les représailles, qui sont essentielles pour soutenir l'écosystème des organisations qui font progresser la justice en matière de genre sur le terrain.
- La reconnaissance des impacts du changement climatique et des systèmes de justice traditionnels et communautaires, en affirmant les diverses voies juridiques et culturelles par lesquelles les communautés cherchent à rendre des comptes et à obtenir réparation.
- L'appel explicite lancé aux États pour qu'ils envisagent d'adhérer à la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes ou de la ratifier, et pour qu'ils limitent ou retirent leurs réserves.
- Un engagement historique en faveur d'un réexamen complet de la législation afin d'identifier et de modifier les dispositions discriminatoires, y compris une référence directe au droit de la famille et à la discrimination dans les relations familiales, ce qui représente une étape importante vers le démantèlement des systèmes juridiques qui consacrent l'inégalité.
Les domaines nécessitant une amélioration et une vigilance accrues sont les suivants :
- L'absence de désignation explicite des communautés LGBTIQ+, malgré l'inclusion de références à des formes de discrimination multiples et croisées.
- L'exclusion des formulations convenues sur l'autonomie corporelle.
- La prolifération des mises en garde par rapport aux projets antérieurs, qui permet aux États de restreindre leurs obligations, de limiter les protections et de se soustraire à leur obligation de rendre des comptes.
- Le risque que ces qualificatifs affaiblissent l'intégrité de la résolution et sa capacité à fournir une protection et une réparation significatives.
Les questions en suspens qui n'ont pas encore été résolues sont les suivantes
- Tentatives d'introduction d'amendements régressifs visant la santé et les droits sexuels et reproductifs, les libertés fondamentales, l'intersectionnalité et les réparations, reflétant les efforts coordonnés des acteurs de la lutte contre les droits pour éroder des décennies d'engagements durement acquis.
- La vulnérabilité persistante des normes convenues en matière de droits de l'homme face à une opposition organisée au sein des espaces multilatéraux.
Malgré ces difficultés, l'adoption du document final par une majorité écrasante d'États membres montre que le multilatéralisme reste solide et affirme le rôle des Nations unies en tant que forum central pour la promotion de l'égalité entre les femmes et les hommes.
Le président, le bureau et le secrétariat ont assuré un leadership constant tout au long de la session, menant des négociations complexes avec préparation, détermination et engagement à l'égard du mandat de la Commission.
Les organisations féministes de la société civile de toutes les régions ont joué un rôle décisif dans la défense du langage convenu et la sauvegarde des engagements pris il y a trente ans dans la déclaration et la plate-forme d'action de Pékin.
Ce résultat nous rappelle que les progrès au sein des espaces multilatéraux ne sont ni automatiques ni permanents, et que les avancées requièrent une défense soutenue, de la responsabilité et de la vigilance.