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Décriminalisation de l'avortement : Première étape pour garantir l'accès à l'avortement pour tous

En mars 2021, le Parlement indien a adopté des amendements à la loi de 1971 sur l'interruption médicale de grossesse (IMG) dans le but d'élargir l'accès à un avortement sûr. Cependant, Partenariat pour un avortement sans risque en Asie (ASAP), partenaire de Fòs Feminista, considère les amendements comme une “histoire d'occasions manquées”, car ils ne font pas grand-chose pour transférer le pouvoir des prestataires de soins de santé aux personnes enceintes qui ne veulent pas poursuivre leur grossesse. Les militants de la justice reproductive en Inde appellent à un dialogue qui aurait dû avoir lieu depuis longtemps sur la décriminalisation de l'avortement, l'amélioration de l'accès du secteur public à l'avortement sans risque et la responsabilisation du gouvernement.

Il existe un environ 800 000 avortements à risque en Inde chaque année, ce qui représente 8 à 10% de l'ensemble des décès maternels dans le pays. Le Dr Suchitra Dalvie, cofondatrice et coordinatrice d'ASAP, est une gynécologue praticienne qui s'investit activement dans la défense de l'avortement sans risque en Inde. Elle a rédigé un analyse détaillée de la loi sur l'interruption médicale de grossesse, dans laquelle elle s'interroge sur les motifs qui la sous-tendent. Elle se demande si ces amendements renforcent réellement l'autonomie et l'action des femmes enceintes et décriminalisent les avortements.

“Ce projet de loi d'amendement du PMT a été adopté au milieu d'une pandémie et de blocages qui ont révélé les failles de tous nos systèmes”, a-t-elle déclaré. “Il aurait pu changer la donne en s'attaquant aux obstacles auxquels sont confrontées les femmes et les personnes enceintes. Au lieu de cela, il indique clairement qu'un avortement peut être rendu légal et sûr à tout moment de la gestation s'il est pratiqué pour des raisons ‘approuvées’ qui ne mettent pas le patriarcat mal à l'aise. S'il est pratiqué simplement pour le choix de la femme, l'avortement à 26 semaines devient soudain dangereux et doit être contrôlé”.”

Pour ASAP et les autres partenaires de Fòs Feminista en Inde, notamment CREA et CommonHealth, Ils estiment que les amendements n'ont pas reconnu le droit à l'avortement sur demande pour toutes. Ils estiment que l'accent mis sur le contrôle de la population et les niveaux élevés de mortalité maternelle en Inde, la loi continuera à créer des obstacles à l'avortement sûr et légal pour ceux qui vivent en marge du système de santé publique, tels que les travailleurs du sexe et les personnes appartenant à des groupes sexuellement différents.

Dans le cadre des discussions en cours à l'échelle nationale, les organisations féministes CREA et CommonHealth ont organisé une série d'ateliers sur le thème de l'égalité entre les femmes et les hommes. trois webinaires sur la dépénalisation de l'avortement en Inde, afin d'interroger l'histoire des lois sur l'avortement, les difficultés d'accès aux services d'avortement et les stratégies de plaidoyer des différents mouvements. La série a suscité des conversations continues et constitue un appel aux militants du droit à l'avortement pour qu'ils réfléchissent au paysage politique, social et juridique actuel de l'avortement, en particulier à la lumière de la pandémie de COVID-19. Fòs Feminista est solidaire de ses partenaires en Inde dans leur travail pour exiger que l'avortement médicalisé n'ait pas sa place dans le système de justice pénale.