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D'une survivante de la violence sexiste à une éducatrice pour les pairs

Piégée dans une relation abusive après avoir fui les insurgés islamiques dans sa maison du nord du Nigeria, Yanziye Modou, une jeune femme de 19 ans, mère d'un enfant en bas âge, ne savait pas vers qui se tourner.  

“Lorsque mes parents ont été tués, je devais devenir la fiancée d'un membre de [Boko Haram]. Mais j'ai pu m'enfuir au Cameroun où ma sœur aînée a trouvé refuge avant moi et j'ai vécu avec elle pendant quelques mois, puis elle m'a donnée à un homme qui a fait de moi sa femme.’’  

N'ayant pas d'autre choix pour survivre, Yanziye a accepté à contrecœur. Mais elle ne tarde pas à se retrouver à nouveau confrontée à la violence, cette fois de la part de son mari. Je ne voulais pas être mariée à cet homme‘, dit-elle. ’Je voulais m'enfuir, mais je ne savais pas où aller. Un jour, contre l'avis de ma sœur et de ma belle-mère, j'ai assisté à une séance de sensibilisation organisée par l'ALVF-EN et après cela, j'ai approché l'un d'entre eux pour lui faire part de mon problème et ils m'ont immédiatement aidée.”“ 

Au Cameroun, où plus d'une femme sur trois est confrontée à la violence d'un partenaire intime,1 Des situations comme celle de Yanziye sont tragiquement trop fréquentes. L'Association pour la lutte contre les violences faites aux femmes (Association de Lutte Contre les Violences Faites aux Femmes-Extreme Nord) ou ALVF-EN, un partenaire de Fòs Feminista, offre aux victimes de violences sexistes des conseils, des thérapies et d'autres formes de soutien psychosocial et économique pour leur permettre de reprendre le contrôle de leur vie.  

La montée en puissance de Boko Haram et l'insurrection ont radicalement changé la vie de milliers de femmes et de filles, les obligeant à assumer de nouveaux rôles en dehors de la sphère domestique, comme c'est le cas pour Yanziye. L'ALVF-EN s'est engagée à soutenir les survivants et a réussi à construire un espace sûr pour les jeunes femmes qui, comme elle, avaient besoin d'aide pour se remettre des traumatismes et des violences qu'elles avaient subis et pour s'orienter dans leur nouvelle réalité, plus indépendante. L'association fournit également aux survivantes des compétences professionnelles qui leur permettent d'avoir une source de revenus. 

Pour assurer la durabilité de l'amélioration des moyens de subsistance, l'AVLF-EN a fourni à Yanziye un kit de couture et elle fabrique des vêtements et des objets artisanaux pour générer des revenus. Yanziye sensibilise désormais sa communauté et aide d'autres jeunes femmes et filles à accéder aux mêmes services que ceux qui ont changé sa vie.  

‘’Le personnel d'ALVF-EN m'a emmenée à l'hôpital après avoir été battue par mon mari, j'ai suivi plusieurs thérapies et j'ai reçu tout le soutien nécessaire qui m'a permis de me relever et de prendre ma vie en main. Aujourd'hui, je suis mère, je m'occupe de mon enfant et de moi-même. Grâce au soutien économique reçu de l'association, je suis indépendante. Je comprends que j'ai des droits et que je peux aussi prendre mes propres décisions. Je peux maintenant sensibiliser mon entourage afin d'aider d'autres jeunes filles ou femmes qui sont dans la même situation. Si je n'avais pas reçu le soutien et les services de l'association, je serais certainement morte’, dit-elle. 

L'élimination de la violence fondée sur le genre et la prise en charge des survivants sont des activités essentielles pour nombre de nos organisations partenaires dans le monde. La Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes est une date clé pour nous tous, car elle nous permet de réaffirmer notre engagement envers les femmes, les filles et les personnes de sexe différent.